Rencontre avec un professeur en cardiologie tuniso-français
La première Journée Ibn-Sina de la santé scolaire et universitaire autour du thème «L'adolescence, un nouveau défi en santé publique», organisée le 2 décembre par la direction régionale de la santé, a vu la participation d'une pléiade de médecins, de sociologues, de pédiatres, d'anthropologues, de psychologues et de pédagogues.
«La santé des adolescents et des jeunes», «La médecine préventive», «L'adolescence, mythe ou réalité», «Comment éduquer un adolescent dans une situation clinique?», «Spécificités de la consultation avec l'adolescent» ont été les principaux thèmes débattus au cours de cette journée à travers des communications orales, des posters commentés et des tables rondes animées par d'éminents professeurs tunisiens.
Le Dr Tarak Barhoumi, président du comité d'organisation, nous précise que l'objectif de cette manifestation scientifique est de sensibiliser et d'informer les médecins de première ligne sur les spécificités des problèmes de santé de l'adolescent exposé de plus en plus à des conduites à risque.
Notons que l'invité d'honneur de cette journée a été un professeur tuniso-français en cardiologie, Mohamed Ghannem, chef de service à la fondation Léopold-Bellan et responsable de l'unité de cardiologie interventionnelle à l'hôpital de Gonesse.
Après avoir obtenu son bac à Kairouan à l'âge de 18 ans, il a poursuivi ses études universitaires en médecine à Paris où il travaille et vit depuis 30 ans. Sa brillante carrière au sein des hôpitaux français a été récompensée, au mois de janvier 2005, à Matignon, par sa décoration de la Légion d'honneur. De nombreux journaux français lui ont consacré des pages entières : «Cette consécration est un grand honneur pour moi, mais aussi pour mon pays natal, la Tunisie, et pour les jeunes en général.
En effet, je suis parti de rien et voilà que maintenant mon parcours est cité en exemple, j'aimerais donc dire aux jeunes que seul le travail est une valeur sûre qui nous aide à affronter tous les obstacles».
Dans son intervention au cours de cette journée, le professeur Ghannem a expliqué que l'adolescence est une période de la vie extrêmement importante pour la construction de la personnalité: «Malheureusement, parfois elle se fait dans la douleur et la souffrance. En outre, cette période peut durer beaucoup plus longtemps qu'on ne le croit en raison d'une scolarité longue, d'un mariage tardif ou de difficultés à trouver du travail. Ainsi la rupture avec les parents se fait tardivement et on reste attaché à la famille. Dans ce cas, il est important que les adolescents trouvent un soutien et un accompagnement de la part des parents. D'où l'importance de la cohésion familiale dans cet accompagnement.
Il va sans dire qu'il ne faut pas considérer l'adolescence comme étant une pathologie. En fait, c'est une transition naturelle qui se caractérise par d'innombrables transformations biologiques et psychologiques, mais qui nécessite la persévérance et l'aide des parents, comme d'ailleurs l'ont expliqué les spécialistes présents à ce colloque. J'ai d'ailleurs remarqué que le thème de l'adolescence a été traité dans sa globalité en tant que problème quasi mondial», a-t-il notamment précisé.
Fatma ZAGHOUANI
18/12/2006
La Presse |